• A-
    A+
  • Personnes ayant une déficience visuelle
  • Français
  • Українською
  • English
Interview exclusive Vadym Omelchenko pour Ouest-France
23 août 2023 12:15

La livraison d’avions F16 est-elle la bonne nouvelle de l’été pour le gouvernement ukrainien ?

Oui, c’est une bonne nouvelle. Mais elle arrive avec un peu de retard. On a parfois reproché à Volodymyr Zelensky de trop en demander. Et à chaque fois, je pensais au général de Gaulle à Londres, mettant ses alliés sous pression pour obtenir des soutiens. Lui aussi a dû faire face à ces hésitations.

Est-ce que ces avions n’arrivent pas trop tard ?

Quelle que soit la date de leur arrivée sur le sol ukrainien, cela reste une bonne nouvelle. Car la guerre n’est pas finie. Elle se poursuivra en 2024. On voit les effets des soutiens reçus (missiles longue portée et batteries de défense antiaérienne). Cela se vérifiera aussi avec les F16.

Nicolas Sarkozy dans son dernier livre considère que l’Ukraine doit être un pont entre la Russie et l’Europe. Et propose que l’Ukraine devienne un pays neutre. Qu’en pensez-vous ?

Ce n’est pas très facile pour moi de commenter les propos d’un ancien Président de la République française. Je respecte son statut. J’ai lu ses livres qui me permettent de mieux comprendre sa pensée. Cependant, je dois dire que ces propos tant dans leur forme que sur le fond ne sont pas acceptables.


Pourquoi ?

Je ne serais pas surpris que le Procureur général d’Ukraine s’intéresse aux propos tenus pour voir s’il y a des éléments constitutifs d’un crime (N.D.L.R. au regard de la loi ukrainienne). J’observe que cette prise de position a entraîné des réactions fortes de la part de la société française ainsi que d’experts. Les relations de Nicolas Sarkozy avec la Russie sont rappelées. Par ailleurs, l’action de l’ancien Président de la République a eu comme conséquences pour la Géorgie de perdre 30 % de son territoire. De plus, laisser entendre que des frontières internationales reconnues sont susceptibles d’être modifiées pourrait avoir un effet boomerang et pas seulement en Ukraine. Il est curieux d’observer que des propos similaires à ceux de Nicolas Sarkozy ont été tenus ailleurs en Europe.

Quels enseignements en tirez-vous ?

Pour nous, il s’agit d’une opération de communication synchronisée. On voit que ces propos ont coïncidé avec des propos du même type ailleurs en Europe.

Russes ?

Oui, bien sûr. Je vois bien que Nicolas Sarkozy n’a pas renoncé à jouer un rôle actif sur la scène politique française. Mais peut-être que cette dernière est en train de l’abandonner.


L’Ukraine est-elle un pont entre l’Europe et l’Asie ?

Cette question, ce serait plutôt à la Russie de se la poser. On voit qu’elle hésite entre l’Europe et l’Asie. Ce n’est pas le cas de l’Ukraine. Toute notre histoire, notre géographie, notre culture font de l’Ukraine un pays européen à part entière. Aujourd’hui, nous en faisons aussi partie militairement. Et nous avons vocation à être partie intégrante de l’architecture de sécurité européenne.

Autre sujet, combien la Russie a-t-elle déporté d’enfants ukrainiens ?

Je voudrais d’abord remercier le sénateur André Gattolin (EELV) et le sénat français d’avoir, dans une résolution, condamné ces déportations. Selon les estimations officielles, il y a environ 20 000 enfants ukrainiens qui ont été kidnappés par les Russes. Mais il y a encore beaucoup d’incertitudes sur ce sujet. Prenons le seul cas de Marioupol. On ne connaît pas le nombre de victimes civiles, peut-être plus de 20 000. Un tiers sont probablement des enfants. Lorsque les Russes ont occupé la ville, ils ont commencé par faire venir des crématoires mobiles. Ils ont même sorti des corps des fosses communes pour les brûler. Ils se sont comportés comme les Allemands à Babi Yar (NDLR. 33 000 juifs ukrainiens ont été exécutés par les nazis dans un ravin à Kiev les 29 et 30 septembre 1941). Ils ont cherché à effacer les traces de leurs crimes. Il reste encore beaucoup à faire pour connaître l’ampleur de ces déportations et réussir à les documenter.

Que savez-vous précisément sur la situation de ces enfants en Russie ?

Selon les données de nos services de renseignement, ils se trouvent dans trente-cinq camps spécialement créés en Russie. Les conditions de séjour y sont atroces. Selon les témoignages des enfants que nous avons réussi à faire sortir, la pression psychologique y est très forte. L’usage de la langue ukrainienne est banni et fait l’objet de punitions. Toute expression de l’identité ukrainienne est réprimée. Les Russes cherchent à effacer l’identité ukrainienne de ces enfants. Heureusement, la communauté internationale réagit et la Cour pénale internationale a lancé un mandat d’arrêt contre Vladimir Poutine pour « déportation illégale d’enfants ».

Certains enfants ont donc réussi à sortir des camps ?

Grâce à l’action des ONG et aux pressions exercées, nous avons réussi à faire sortir 386 enfants de ces camps. Ce travail a aussi été mené grâce au service de renseignement militaire. https://www.ouest-france.fr/europe/ukraine/info-ouest-france-lambassadeur-dukraine-fustige-les-propos-de-nicolas-sarkozy-8f778116-40e5-11ee-b6d7-a958e5b7485d?utm_source=fluxpublicactu&utm_medium=fluxrss&utm_campaign=banquedecontenu 


Outdated Browser
Для комфортної роботи в Мережі потрібен сучасний браузер. Тут можна знайти останні версії.
Outdated Browser
Цей сайт призначений для комп'ютерів, але
ви можете вільно користуватися ним.
67.15%
людей використовує
цей браузер
Google Chrome
Доступно для
  • Windows
  • Mac OS
  • Linux
9.6%
людей використовує
цей браузер
Mozilla Firefox
Доступно для
  • Windows
  • Mac OS
  • Linux
4.5%
людей використовує
цей браузер
Microsoft Edge
Доступно для
  • Windows
  • Mac OS
3.15%
людей використовує
цей браузер
Доступно для
  • Windows
  • Mac OS
  • Linux