L’Ukraine se trouve actuellement à une étape historique de son développement : c’est aujourd’hui que se décide son avenir, c’est aujourd’hui que se réalise son choix stratégique. Je parle du cap européen de notre pays que nous avons défini en tant que priorité clé de notre politique extérieure et qui détermine toute l’action des autorités ukrainiennes et le vecteur d’avancement de l’Ukraine.
Ce cap sur l’intégration européenne se traduit, à l’étape actuelle, par la signature de l’Accord d’association entre l’Ukraine et l’Union européenne que nous espérons se voir concrétiser en novembre 2013, à Vilnius, lors du Sommet du Partenariat oriental. Nous considérons cette échéance comme notre objectif majeur à court terme, car la signature de l’Accord permettra d’intensifier les réformes engagées en Ukraine et d’adopter les normes et standards européens dans toutes les sphères de la vie intérieure de notre pays.
Un travail sans précédent est mené par les autorités ukrainiennes en vue d’accomplir les recommandations de l’UE, nécessaires pour la signature de l’Accord d’association. Ce travail constitue déjà un pas en avant énorme dans la modernisation et la transformation de l’Ukraine.
Depuis quelques années, la situation économique et financière reste stable. En 2012, le niveau de la déflation a été de 0,2 %, ce qui constitue l’indice le plus bas depuis les 10 dernières années, et le PIB a augmenté de 0,2 %. Les investissements étrangers directs ont atteint 41 894 millions d’euros, dont les investissements des pays membres de l’UE constituent 78,9 %, et ont augmenté, par rapport à 2011, de 3175,7 millions d’euros. Dans le cadre de la dérégulation et de l’amélioration du climat des affaires, le nombre d’autorisations et de licences a été diminué de 9 fois (de plus de 1000 à 141 autorisations), de nouveaux Codes douanier et fiscal ont été adoptés.
Nous réformons de manière approfondie et conséquente le système judiciaire. Après avoir adopté le nouveau Code de procédure pénale, qui a été reconnu comme un des meilleurs codes en Europe et recommandé comme modèle pour les pays post-soviétiques, la transformation profonde du système judiciaire en général, ainsi que ceux des barreaux et du parquet est en cours. Elle prévoit notamment la création du système d’une aide juridique gratuite, qui est déjà mis en place à partir du 1er janvier 2013, la compétitivité des parties et l’humanisation de la justice.
C’est justement dans cet esprit d’humanisation que l’ancien ministre de l’Intérieur Youri Loutsenko a été gracié, le 7 avril dernier, par le Président Viktor Yanoukovitch. Par ailleurs, cette réforme établit également une structure plus claire et stricte de tribunaux de différentes instances et rend le processus de nomination de juges plus transparente.
Je tiens à souligner que tout ce travail est mené en étroite coopération avec l’Union européenne. Tous les projets de loi sont examinés par le parlement ukrainien après leur approbation par des experts européens.
Par ailleurs, il y a quelques jours, en rendant publique la décision sur la détention provisoire de Y.Timochenko en 2011, la Cour européenne des droits de l’homme a confirmé que l’ancien Code de procédure pénale datant de l’époque soviétique était très éloigné des normes démocratiques. En effet, l’article selon lequel Y. Timochenko a été arrêté ne figure plus dans le nouveau Code. En supprimant les normes obsolètes et dépassées du système judiciaire, l’Ukraine a donc déjà appliqué la décision de la CEDH.
Nous œuvrons au perfectionnement de notre législation électorale, ce qui constitue l’une des recommandations de l’UE. Après les élections législatives du 28 octobre 2012, qui ont démontré le caractère compétitif et transparent du nouveau Code électoral, mais aussi certains défauts, les autorités ukrainiennes préparent actuellement des amendements à la législation électorale conformément aux conclusions de la mission d’observation de l’OSCE, en tenant compte de toutes les recommandations de ce rapport.
Nous apprécions l’action de la mission Cox-Kwasniewski, qui a beaucoup contribué à créer un climat de confiance et à approfondir le dialogue non seulement entre l’Ukraine et l’UE, mais aussi à l’intérieur de notre pays entre les autorités et l’opposition.
La signature de l’Accord d’association et l’intégration européenne font l’objet d’un large consensus dans notre pays et constituent un des facteurs d’unification de la société ukrainienne. Il est essentiel que les différentes forces politiques du parlement ukrainien, malgré leurs divergences, manifestent leur volonté d’adopter ensemble et en premier lieu des projets de loi requis dans le cadre du rapprochement avec l’Union européenne.
Il faut rappeler que l’Accord d’association représente un intérêt et des avantages mutuels pour l’Ukraine et l’UE, notamment dans la partie de la création d’une zone de libre-échange complet et approfondi. Elle donnera à l’UE un large accès au potentiel agricole, technologique, industriel, commercial, humain de notre pays qui est un véritable atout, surtout face à la crise en Europe.