Ambassade d’Ukraine en France

, Kyiv 22:15

Il y a trois ans, l’opération de défense de l’avant-poste de Debaltseve est arrivée à son terme. L'opération de Debaltseve entrera dans l'histoire de l'Ukraine et des manuels d'art militaire

28 février, 13:16

C'est l'histoire de la victoire ukrainienne et celle de la fourberie de notre ennemi. Ce fut une opération unique pour nos forces armées, dont la teneur n’est devenue claire pour beaucoup que plus tard, après quelques mois

Selon le Président ukrainien Petro Porochenko: « Personne ne comprend à quel point la présence des troupes ukrainiennes était importante lors des pourparlers de Minsk. À quel point il était important de prouver au monde la nature criminelle de l'agresseur russe. Ce ne sont pas de soit-disant séparatistes ou militants, mais bel et bien des unités des forces spéciales militaires russes d’élite, soigneusement sélectionnées, qui ont mené l’assaut contre Debaltseve. Et en ont payé un prix très élevé. »

Evgeny Stepanenko, participant direct à ces événements et réalisateur du documentaire « Debaltseve » ajoute : « ... quand notre Président a déclaré à Artemivsk, en 2015, que nous avions gagné, nous l’avons écouté depuis notre hôpital militaire sans comprendre. Un an s’est écoulé depuis, et je comprends désormais qu’il s’agit en effet d’une victoire. Je comprends aussi que Debaltseve est devenue la clé de voute de l’armée ukrainienne et de l’Etat ukrainien moderne. Nous avons montré que nous pouvions et savions combattre. C’était important aussi bien pour les pourparlers de Minsk que pour nous mêmes – que de retenir autant que possible l'ennemi sur place, à Debaltseve, avant de s’en aller la tête haute. »

Les forces de l'ATO avaient un plan organisé d’évacuation et de retrait du matériel et des forces militaires ukrainiennes de Debaltseve. Au 18 février, alors que nos troupes ont commencé à quitter la ville, tout était prêt pour cela. L'opération de retrait des unités de Debaltseve a été minutieusement planifiée et organisée. Les tâches assignées aux forces armées d'Ukraine ont été parfaitement menées. Cette position et ce succès, nous en avions extrêmement besoin à Minsk pendant et après les négociations. Nous l’avons prouvé : Debaltseve restait sous notre contrôle, il n'y avait pas d'encerclement, nos unités et leurs équipements ont quitté l’avant-poste de façon planifiée et organisée. Les derniers soldats ont rejoint en bon ordre une nouvelle ligne de défense de l'Etat. Tout ceci a été une preuve convaincante de la capacité de nos forces armées à mener le combat et de l'efficacité de notre commandement militaire.

Ces actions ont contribué à humilier la Russie, qui a de son côté exigé que les troupes ukrainiennes déposent les armes, hissent le drapeau blanc et se constituent prisonnières. Les soldats ukrainiens ont fait honneur à leur titre de Défenseur de la Patrie et n’ont quitté Debaltseve que suite à l’ordre du Commandant suprême des Forces Armées de l'Ukraine, après que les troupes russes aient interdit aux représentants de l'OSCE de rejoindre Debaltseve, pour qu’ils y constatent que nous étions prêts à entamer le retrait de notre artillerie et de nos équipements lourds,  mais aussi pour noter l’absence d’encerclement. Les russes savaient qu’il n’y avait pas d’encerclement : nous l'avons démontré en menant à bien notre opération.

Le plus important est que cette opération nous a permis d'arrêter l'avancée de l'ennemi, plus loin à l’intérieur du territoire ukrainien. De plus, l'armée ukrainienne a mené à bien non seulement son propre retrait, mais aussi l'évacuation des civils. Environ 5 000 personnes ont ainsi réussi à quitter la zone de combat (analyse de l’Etat major des forces armées de l’Ukraine sur l’avant-poste de Debaltseve du 27 janvier au 18 février 2015). La grande majorité de ceux qui ont exprimé le désir d'être évacué, ont refusé de se diriger vers le territoire contrôlé par l'occupant.

La Russie ne respecte jamais les promesses d'« initiatives pacifiques », les accords sur les « couloirs verts » et les cessez-le-feu.

Lors de la rencontre de Minsk du « Format Normandie » dans la nuit du 11 au 12 février 2015, alors même que les présidents ukrainien, russe, français et allemand trouvaient un accord sur la fin du conflit, l'armée russe a fortement augmenté sa présence aux abords de Debaltseve.

La Russie a concentré dans cette région jusqu’à huit groupes d’unités régulières (analyse de l’Etat major des forces armées de l’Ukraine sur les opérations de combat sur l’avant-poste de Debaltseve du 27 janvier au 18 février 2015).

L’Ukraine s’était préparée pour le scénario qui se profilait, puisque 80% des troupes avaient déjà quitté Debaltseve, au moment où a commencé la phase finale de retrait de nos unités. Cela met à mal le mythe de la propagande russe sur un blocus total des unités ukrainiennes. En effet, le 19 février, soit en à peine une journée, celles-ci se trouvaient déjà sur leurs nouvelles positions.

Debaltseve est un nouvel exemple de campagne mondial de mensonges et de manipulations médiatiques de la Fédération de Russie.

Lors des négotiations de Minsk, quand l'Ukraine a fait une initiative unilatérale de cesser le feu, les chaînes de propagande russes se sont employées à créer le discours d’une Armée ukrainienne fuyant Debaltseve et ont préparé leur audience à croire que la ville et ses alentours serait prise grâce à l’assaut de « mineurs » et autres
« conducteurs de tracteurs », omettant au passage le rôle de la composante militaire russe. Les médias russes ont également gardé sous silence l’emplacement réel de la ligne de démarcation définie par les accords de Minsk.

À l'époque, les médias russes appliquaient une stratégie de substitution. L’image d’une armée ukrainienne défaite et chassée de l’avant-poste de Debaltseve permettait d’éviter d’éventuelles questions embarrassantes de la part de l'audience locale (russe) sur ses propres pertes et sur le prix terrible payé pour cette stratégie agressive. En effet, les puissants coups de boutoir de l'artillerie ukrainienne ont épuisé l’ennemi, maintenant l’essentiel de ses unités à distance suffisante des lignes ukrainiennes pour que celles-ci puissent mener en bon ordre leur repositionnement tactique. Dans la période allant du 24 Janvier au 19 Février, l’occupant a subi des pertes importantes : 870 hommes, une cinquantaine d’unités d’artillerie et de roquettes, 110 unités blindées et 24 véhicules motorisés (analyse des opérations de combat pendant la campagne d'hiver 2014-2015 par l’Etat major des Forces armées ukrainiennes).

L'Ukraine avait déjà la capacité militaire pour battre en retraite dignement  face à l'ennemi. A titre d’exemple : pendant l’opération de Debaltseve, les tankistes de la 1ère Brigade blindée, avec seulement trois « Bulat », ont maintenu du côté de Logvinov le contact avec un ennemi équipé de T-72B3 flambant neufs. Ils ont détruit huit chars russes sans une seule perte de leur côté (interview du major-général M.Shevtsov, chef d’Etat Major des Forces armées de l'Ukraine, donnée à l’agence Ukrinform).

L'armée ukrainienne aurait pu conserver l’avant-poste de Debaltseve plus longtemps, mais au prix d’un plus grand nombre de victimes. Or, l’Ukraine tient à la vie de chaqun de ses citoyens. Nous ne sommes pas la Fédération de Russie qui utilise ses soldats comme « chair à canon », appliquant ces procédés initialement lors de ses campagnes tchétchènes, et maintenant en Ukraine et en Syrie.

Cet avant-poste a été et est toujours à nous. Selon le mémorandum approuvé à Minsk le 19 Septembre 2014, qui fixe la ligne de démarcation, Debaltseve devrait être sous contrôle ukrainien, ainsi que le reste du territoire jusqu'à la frontière avec la Russie.

Nous nous souviendrons de tous ceux qui ont défendu chaque poste de contrôle, de tous ceux qui ont donné leur vie pour que l'Ukraine reste libre!

 

REFERENCES:

Composition des huit groupes de bataillon tactiques des Forces Armées Russes, concentrés autour de Debaltseve, dans les territoires temporairement occupés de l’Ukraine (analyse de l’Etat major des Forces armées ukrainiennes sur les combats de Debaltseve du 27 Janvier au 18 Février 2015):

20ème brigade autonome d'infanterie motorisée (Volgograd) du district militaire sud – dans la région de Horlivka;

21ème brigade autonome d'infanterie motorisée de la 2ème armée du district militaire central (Totskoye, région d'Orenbourg) – dans la région d’Ienakiieve;

28ème brigade autonome d'infanterie motorisée de la 2ème armée du district militaire central (Ekaterinburg) – aux alentours de Brianka et Stakhanov;

32ème brigade autonome d'infanterie motorisée du district militaire central (Shilovo, région de Novossibirsk) – dans la région d’Ienakiieve;

138ème brigade autonome d'infanterie motorisée (Kamenka, région de Léningrad) de la 6ème armée du district militaire ouest – dans la zone de Snizhne et de Torez;

200ème brigade autonome d'infanterie motorisée (Pechenga) de la Flotte du Nord du Commandement Stratégique Conjoint « Nord » – dans la zone Faschivka, Nikishine, Kumshatske;

13ème régiment blindé de la 4ème division blindée de la 1ère armée blindée du district militaire Ouest (Naro-Fominsk) – près de Novosvitlivka, Kirov, Ienakiieve;

Le 104ème régiment d’assaut parachutiste de la 76ème division d’assaut parachutiste (Cheroko, région de Pskov), des forces aéroportées de la Fédération de Russie - Georgiyevka et Horlivka.

À proximité de Torez, Snizhne, Shakhtarsk et Donetsk ont été déployés des moyens de défense aérienne et de guerre électronique issus d’unités régulières des Forces armées de la Fédération de Russie.

 

Ambassade d'Ukraine en République française

Bureau de l’attaché militaire

 

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